Le bilan des victimes du puissant cyclone Nargis qui a ravagé plusieurs grandes régions de Birmanie ce week-end a pris des proportions dramatiques lundi 5 mai, dépassant les 10.000 morts
De nombreux pays et organisations internationales se sont mobilisés lundi 5 mai pour venir en aide aux survivants du cyclone qui a ravagé samedi 3 et dimanche 4 mai, plusieurs régions de Birmanie, faisant plus de 10.000 morts et des centaines de milliers de sans-abri, selon le ministre birman des affaires étrangères, Nyan Win.
Devant l'ampleur de la catastrophe les autorités birmanes "ont manifesté leur disposition à recevoir de l'aide internationale (...) mais les modalités restent à déterminer", a indiqué à l'AFP lundi à Genève le porte-parole du Bureau pour la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), Elisabeth Byrs.
Cinq régions ont été touchées par le cyclone Nargis, en particulier le delta de l'Irrawaddy (sud-ouest). Selon les médias, plus de 97.000 personnes sont sans abri sur l'île de Haing Gyi.
2 millions d'euros débloqués par Bruxelles
Plusieurs villages côtiers ont été totalement détruits, a dit àun porte-parole de la la Fédération internationale de la Croix-Rouge.
"Nous distribuons des fournitures aux sans-abri, des bâches en plastique pour couvrir les toits (...) nous fournissons aussi 5.000 litres d'eau potable, des couvertures et des vêtements pour ceux qui en ont le plus besoin", a déclaré à Bangkok Michael Annear, son coordinateur régional de la gestion des catastrophes. Les Nations unies s'apprêtent à déployer leur aide d'urgence en Birmanie et à y envoyer une équipe de cinq experts en catastrophes.
L'Unicef a déployé lundi cinq missions d'évaluation, alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) a stocké 500 tonnes de nourriture à Rangoun et des générateurs au Cambodge.
Les Etats-Unis ont débloqué une aide d'urgence de 250.000 dollars pour aider la Birmanie par l'intermédiaire de leur ambassade à Rangoun et évaluent les moyens d'apporter une aide supplémentaire.
"L'ambassade américaine est en contact avec les autorités birmanes" et les fonds qu'elle a débloqués transiteront par le PAM et d'autres organisations "de telle sorte que l'argent ne passe pas directement par le gouvernement", l'une des bêtes noires de Washington, avait déclaré plus tôt dans la journée un porte-parole de la Maison Blanche. La Commission européenne a débloqué une aide de deux millions d'euros.
De leur côté, la Norvège a l'intention de débloquer 10 millions de couronnes (1,3 million d'euros) par le biais de l'Onu ou de la Croix-Rouge, l'Allemagne a annoncé l'octroi de 500.000 euros aux organisations humanitaires allemandes, et la Suède va fournir, via l'Onu, un soutien logistique et des équipements destinés à purifier l'eau.
Rangoun, directement touchée par la catastrophe
L'armée thaïlandaise a annoncé qu'elle allait acheminer des médicaments et de la nourriture aux victimes du cyclone tandis que le Japon a annoncé l'octroi de 28 millions de yens (266.364 dollars) en aide d'urgence et l'Inde l'envoi d'une aide d'urgence avec deux navires de guerre chargés de vivres, tentes, couvertures, médicaments et vêtements.
De son côté le secrétaire général de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) a appelé "tous les membres de l'Asean à fournir d'urgence de l'aide aux victimes du cyclone Nargis".
A Rangoun, la plus grande ville du pays, qui a été directement touchée par la catastrophe, des opérations se poursuivaient pour dégager des rues des centaines d'arbres qui ont chuté sous la force des rafales de vent atteignant 200 km/h. "De toute ma vie, je n'avais jamais vu cela", a dit un homme de 70 ans, ajoutant : "Le retour à la normale prendra au moins un mois".
Des canalisations ayant été détruites, de nombreuses personnes faisaient la queue avec des seaux pour obtenir de l'eau chez des voisins disposant de puits.
Référendum maintenu, malgré tout
En dépit des destructions considérables causées par le cyclone, le régime des généraux a décidé de maintenir un référendum sur un projet de Constitution prévu samedi, dont il affirme qu'il ouvrira la voie à des élections multipartites en 2010.
"Nous ne voulons pas de la démocratie, nous voulons de l'eau maintenant", a réclamé un homme de 30 ans, à Rangoun. La Birmanie, gouvernée par des juntes militaires successives depuis 1962, est l'un des pays les plus pauvres d'Asie.