DHARAMSALA (Inde) - Dix-neuf manifestants tibétains ont été tués par balles mardi dans la province chinoise du Gansu (nord-ouest), a annoncé le gouvernement tibétain en exil, avançant un bilan "confirmé" de 99 morts au total depuis la semaine dernière dans les violences.
"Cela s'est passé à l'extérieur de Lhassa. Dix-neuf personnes ont été tuées à Machu, dans la province du Gansu. Il y a eu une manifestation ce matin à Machu et la police a tiré sur eux", a déclaré Thubten Samphel, porte-parole de l'administration tibétaine en exil.
Au total, "le chiffre de 80 tués à Lhassa au cours des derniers jours a été confirmé auquel s'ajoutent les 19 morts d'aujourd'hui", a-t-il ajouté.
La Chine, par la voix du Premier ministre Wen Jiabao, a reconnu pour la première fois mardi que des incidents s'étaient produits en dehors du Tibet, en accusant le dalaï lama.
Les manifestations anti-chinoises qui ont démarré à Lhassa se sont ensuite étendues à d'autres régions où vivent des minorités tibétaines dans le nord-ouest de la Chine.
Le Premier ministre tibétain en exil, Samdhong Rinpoché, avait affirmé lundi qu'une centaine de personnes avaient été tuées dans les violences survenues au Tibet, tandis que le Parlement des tibétains en exil avait annoncé, lui, des "centaines" de tués depuis une semaine.
Les conseillers du dalaï lama avaient affirmé lundi avoir reçu la confirmation de 80 morts, parmi lesquels 26 personnes qui auraient été abattues samedi par les forces de sécurité chinoises près d'une prison de Lhassa.
Plus mesuré que le Parlement, Samdhong Rinpoché avait admis qu'il était "très difficile d'obtenir des chiffres précis".
"Mais je pense que le bilan est presque proche du chiffre de 100 morts", avait-il dit à la presse.
Le bilan des autorités chinoises s'établit à 13 morts, "13 civils innocents" tués à Lhassa par des "émeutiers tibétains", avait affirmé lundi le président de la région autonome du Tibet, Qiangba Puncog.
De plus, a-t-il assuré, aucun coup de feu n'a été tiré par les policiers ou la police militarisée.
|AFP